• Zitouni en Thaïlande : RAID THAÏ 2017 – jour 8

    Une huitième journée pleine de bonnes surprises … 

    Au moment de quitter notre hôtel ce matin, le patron nous demande s’il peut faire une photo de nous en tenues crasseuses, sur nos montures poussiéreuses et – comme les pilotes – un peu froissées après plusieurs jours de raid, il faut bien le reconnaître. Pas de problème.
    L’hôtel est situé sur les hauteurs de Chiang Dao. Le ciel est bleu, il fait déjà suffisamment chaud pour que Luc renonce à mettre le pull léger qu’il persiste à porter pour quelques minutes seulement chaque jour sous son maillot cross bariolé et qu’il est obligé de retirer rapidement tant la température monte vite.
    Cette fois, il aurait peut-être dû le garder. Un brouillard épais et glaçant a envahi la vallée. C’est ainsi qu’à la vue des nuages sombres qui sont accrochés à la montagne, pile à l’endroit où nous devions effectuer une première boucle, nous décidons de renoncer à nous y aventurer.
    La ville de Chiang Dao n’est pas très jolie, tout comme les autres villes positionnées sur les grands axes sud-nord qui convergent vers le Triangle d’Or. La circulation y est plutôt anarchique. C’est du « chacun pour soi »… mais sans un seul coup de klaxon et sans énervement. Mais comment font-ils ? Mieux que nous, assurément.
    Comme à chaque fois, nous prenons rapidement de l’altitude pour gagner une première piste. Ça commence doucement, comme à chaque fois, et ça se complique, comme à chaque fois aussi.

    le destrier recherche le frais …

    Des bananiers qui sentent mauvais …

     

    C’est Bruno qui guide et qui « jardine ». La petitesse de son écran GPS conjuguée à un fond de carte pas très contrasté en teintes fait qu’à plusieurs reprises nous devons improviser pour retrouver la trace. Pas grave ! au contraire, c’est amusant le hors-piste.
    Un peu de single track par-ci, un peu de piste de latérite par-là et du plaisir partout.
    Nous serpentons ainsi un long moment entre les plantations d’agrumes. Le paysage est très différent de ce que nous avons pu voir jusqu’à maintenant. Les montagnes se dénudent et de belles falaises aux teintes rougeoyantes se laissent volontiers photographier. La nature se fait belle sous le soleil qui s’élève derrière nous. Nous profitons d’une extraordinaire lumière. Le brouillard, nous l’avons laissé sans regret derrière nous également.
    En milieu de matinée, pour une fois, nous nous accordons une longue pause dans un petit magasin-bar en bordure de route.
    Puis c’est reparti.
    Sur une bonne douzaine de kilomètres nous allons sillonner les chemins ruraux qui desservent les rizières et les cultures maraîchères (pomme-de-terre, oignon, mais, herbes et bananiers …)

    Une nouvelle pause s’impose. Normal, il est midi.
    Près d’un marché couvert où, en plus des marchands de légumes et de fruits les étales de poissons d’eau douce concurrencent celles des vendeurs de viande – tout ça à même la paillasse et sans frigo, juste sous le tourniquet à sacs plastique qui en théorie doit réussir à chasser les mouches – nous déjeunons tranquillement dans petit restaurant traditionnel. Très, tranquillement !
    Vers 14h, le ventre plein, nous gagnons les sommets pour aller flirter une seconde fois avec la frontière du Myanmar.
    A l’ombre des montagnes, il fait super froid !
    Peu avant le village touristique de Doi Ang Khang où se trouve le parc floral Royal très réputé (préservation des végétaux), nous bifurquons à gauche dans un single track d’anthologie !
    Ce sentier très étroit et à flanc de ravin est certainement utilisé par les marchands qui commercent avec ceux du pays voisin (contrebande ?) et les paysans qui vont cultiver leurs champs.
    Des pierres saillantes, des souches, des grimpettes, des descentes, des slaloms entre les rochers qui refusent de nous laisser passer sans avoir bien sué… et ce sol, tout en creux et bosses (pas des « chevaux de fret »)… Gros coup de chaud, et gros kiff !
    Dommage que Gwendal se soit fait un peu mal au dos en voulant relever seul sa moto tombée dans les cailloux ! Il n’a pas eu la patience de m’attendre, ce bougre.
    Du coup, à Doi Ang Khang… une nouvelle bonne pause s’impose.
    Luc fait des emplettes (chuttt !) pendant que nous… ben on fait rien.
    16H30.
    Il est temps de reprendre la piste. Raté. Le sentier que j’avais emprunté il y a 4 ans s’est refermé, recouvert par les broussailles. Il est devenu impraticable.
    Je cale mon GPS sur Fang, notre ville-étape de ce soir.
    Nous faisons quelques kilomètres. La route vient lécher de trop près la frontière avec le Myanmar située quelques centaines de mètres plus à gauche. Nous nous faisons refouler par les militaires !
    C’est pas de chance. La route virait à droite à moins de 2 kilomètres pour s’écarter définitivement de la frontière !
    Demi-tour, petit passage à la « bouteille à essence » – pas plus d’un litre par moto vu le prix -, recalage du GPS, re-froid polaire dans la descente vers la ville.
    Notre hôtel de ce soir est comme la ville de Fang : moche.
    Mais nous arrivons à capter la Wifi gratuite du coin ! Donc tout ne va pas si mal…
    23h30.
    Je vais me coucher. A demain, Zitouni et sa bande. 

    PS : Zitouni est en ce moment en Amérique du Sud pour un périple de plusieurs milliers de kilomètres


    Chili, Argentine, Bolivie et Pérou … ce voyage par étape en juin sur ce blog

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