L’Équateur à moto, étape 7 ~ Chugchilan => Machachi

L’Équateur … étape 7 => Chugchilan / Machachi

Une étape en demi-teinte. Mais elle est riche d’enseignements.

Nous quittons notre hôtel et ses charmants propriétaires-paysans vers 7h30, comme à notre habitude. Au petit-déjeuner nous avons eu droit à : café ou thé, omelette, sandwich au fromage et à l’émincé de légumes, jus de fruit, bol de céréales et yaourt, salade de fruits frais, cuillère en inox, serviette en papier, dessous de table en dentelle plastique.

ciel bleu, la luminosité parfaite. La chance … Cotopaxi

Hier, par flemme et parce-que nos machines ne consomment vraiment pas beaucoup et que nous avions largement de quoi terminer l’étape, j’ai zappé un petit crochet vers une station essence que j’avais pourtant marquée comme étant un STOP impératif dans notre progression. Du coup, ce matin, nous avons perdu un peu de temps à en chercher une, en remplacement. 

Ça m’apprendra. Enfin non, puisque ça m’était déjà arrivé en Islande… Bref, poursuivons. Le ciel est bleu, la luminosité est parfaite. Nous avons l’incroyable chance de pouvoir découvrir longuement au loin le Cotopaxi, le plus haut volcan toujours actif du pays (5897m) et entièrement visible, sans brume. C’est rare. La longue piste que nous foulons de nos pneus déjà bien rongés est parfaite. Souple à souhait. Terreuse, elle est damée mais une fine couche de fesh-fesh la rend onctueuse, veloutée. Les chemins sont creux, bordés de cactus, d’eucalyptus, de sapins. Quelques lamas nous regardent de haut d’un air pas sympathique, quelques ânes sont au piquet.

En milieu de matinée, nous sommes comme happés par les bonnes odeurs s’échappant d’une pâtisserie. Les motos sont stationnées juste devant. À l’intérieur, c’est un véritable four. Il fait une chaleur à mourir. Ce n’est pas anormal, le fournil est juste là dans la minuscule boutique qui fait également épicerie. Il y a du choix. Des brioches fourrées à la confiture, des petits pains garnis de chocolat à tartiner, des boules à la croûte bien dorée, des gâteaux avec des cristaux de sucre dessus… Bref, on va se goinfrer pour quelques dollars. Repus, nous reprenons la piste. Direction l’entrée du Parc National Cotopaxi. Nous y sommes stoppés net. Les motos y sont interdites. Pas les 4×4, mais juste les chiens et les motos. Je tente en vain de convaincre le seul gardien parlant anglais de nous laisser passer, lui indiquant que nous lui garantissons de rester sur la route. Rien y fait. C’est marqué sur le panneau, donc on ne passe pas. Grosse déception et… Demi-tour.

Vers 13h nous nous mettons en quête d’un petit restaurant de bord de route. Rien. Nous avançons. Toujours rien. L’ambiance devient bizarre, genre fin du Monde. Dans les hameaux que nous traversons, tout est délabré. Des maisons pas finies, des fabricants de parpaings partout et travaillant dans un chaos de bâches plastique servant à protéger leur production durant le séchage, de vieilles machines disloquées, des bouts de ferraille et des ordures, des dépôts sauvages… Glauque ! Nous roulons sur une très ancienne route pavée qui, par manque d’entretien se recouvre petit à petit de sable et de saletés. Il y a des trous, des bosses. J’évite de justesse de tomber dans une bouche d’égout dont la plaque de fermeture manque… Pas glop ! Ne trouvant aucun restaurant, nous nous résignons à poursuivre jusqu’à Machachi. La route pavée traverse à maintes reprises une ligne de chemin de fer qui elle aussi semble en bien mauvais état, voire même être abandonnée. Pour couronner le tout, un orage tourne autour de la ville et tombent les premières grosses gouttes. Il est grand temps d’arriver à notre hôtel.

Un hôtel bizarre, lui aussi. Sorte de musée, avec à l’entrée, posée sur un tabouret une tête de bélier, des fers à repasser et des outils exposés partout dans les couloirs, des tableaux, des fauteuils de style, des tapis, un bureau plein de bazar… Mais des propriétaires – le frère et la sœur – très gentils. Ouf ! Nos chambres ressemblent à des cellules monacales, avec un crucifix cloué au mur, du carrelage glacial au sol, les douches communes dans le couloir. 

Nous retournons en ville pour déjeuner. Deux possibilités : le snack ou la cantine familiale, froide comme un frigo. Notre choix va se porter sur une cantine. Nous tournons un peu en rond dans la ville pour trouver celle qui pourrait nous sembler un tantinet accueillante. Ben y’en a pas. Nous choisissons finalement celle dont les tables ont des nappes en plastique bleu. Il y a plus de monde que dans celle qui a des nappes de plastique rouge. C’est dire… Menu unique. Soupe, riz et porc ou poulet, verre de Tang, glace aux fruits, café. 10USD le tout pour 3. Retour à l’hôtel pour attendre le soir. Chacun allant prier dans sa cellule.

Le soir venu, la patronne de l’hôtel nous indique un restaurant « super bueno ». Youpi ! Sauf qu’en arrivant à l’adresse indiquée… C’est un snack ! Dans un brouillard de fumée de cuisson, dans le bruit d’une série télé, nous parvenons tout de même à manger à peu près correctement. Moralité : L’Equateur se découvre dans toute sa beauté au-dessus de 3500 mètres d’altitude. En-dessous, c’est la misère.
Zitouni et sa bande …

9 commentaires sur « L’Équateur à moto, étape 7 ~ Chugchilan => Machachi »

  • Bien le tour du marché, bon dans quelques minutes à l’atelier les projecteurs seront allumés et tu pourras me voir et m’entendre prochainement
  • Bonjour. Moi aussi j’ai eu de la difficulté à entrer, mais même si mon ordinateur me disait que si je cliquais sur un lien cela pourrait m’apporter des troubles, j’ai cliqué quand  même :-))  et je suis arrivée sur le reportage si intéressant de ton fils.

    Le nom  » Équateur » fait rêver. Mais en regardant les photos, le paysage est magnifique, mais le marché, les gens, le petit village….c’est pas le gros luxe. C’est encore un vrai dépaysement.

    Merci

    PS: je suis peut-être un peu moins présente, mais ça durera juste un temps. Comme on prépare notre déménagement le 29 avril prochain, je suis moins disponible. Vente de la maison et tout ce que ça comporte… tri de ci et de ça, ça demande du temps et de l’organisation. 

  • Bonjour Claude

    Je n’ai pas pu ouvrir ton blog par la NL ni par le lien que tu donnes au cas où … mais ok avec le lien que j’ai dans ma colonne de gauche sur mon blog

    Les premières photos-paysages sont juste superbes, belle végétation et ces fleurs on dirait des Lupins !

    De belles rencontres, les étals au marché sont plutôt bien achalandés

    Vrai que « Zitouni et sa bande » voient vraiment la vraie vie du pays, ne serait-ce que la chambre … on est loin du complexe hôtelier all inclusive …. par contre, bien sûr que ça fait misère pour notre oeil européen mais eux ne se trouvent pas pauvres, ils se débrouillent avec les produits de la nature et leur élevage et chez nous ils seraient bien malheureux, c’est une autre façon de vivre, je l’ai souvent constaté, Haïti étant le pire à ce niveau là et pourtant on ne se plaint pas …..  heureusement que le tourisme est là, ce sont ces pays qu’il faut visiter !

    Merci pour ce nouveau partage

    Claude, aujourd’hui je te souhaite une Bonne Fête !

    Bises, bon week-end

  • Bonjour,  vous avez du vous régaler à la pâtisserie ! les paysages sont toujours aussi beaux, je te souhaite un bon week end, bisous
  • Merci pour la suite de ce périple , les paysages sont magnifiques . Vous avez bien fait de vous attarder à la boulangerie épicerie . C’est bien de voir toutes les facettes d’un pays comme vous le faites .

    Bonne soirée

    Bises

  • Il faut faire ce que vous faites pour connaitre un pays et ne pas se fier à ce que l’on voit dans les guides touristiques. 

    La misère est là et bien là mais vous arrivez toujours à trouver des gens souriant et accueillant, à bientôt pour la suite.

  • Quelle étape ! Je vois sur certaines photos – merci au vidéaste – qu’il y avait de quoi s’approvisionner, au marché couvert… Chris
  • J’ai eu beaucoup de mal à ouvrir ton blog qui n’était pas assez sécurisé, me disait mon navigateur ! Pfff

    C’aurait été dommage avec ces belles photos et ce marché aux légumes.

    Bonne fin de semaine et bonne fête aux amoureux qui ont encore la chance d’être à deux.
    Amicales pensées à ceux qui sont seuls …
    Gros bisoux,
    cher claude.

     

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