50 artistes aux “Pénitentes“ ~ 3/3

27e salon de la Doutre avec ses commerçants 3/3
… des vues de l’Hôtel des Pénitentes

Hôtel urbain pour religieux, puis maison pour filles repenties…

L’hôtel des pénitentes est un très beau témoignage des nombreuses constructions qui s’élevèrent à Angers dans les années 1490-1580.
Vers la fin du XVe siècle, les religieux bénédictins de Saint-Nicolas font construire à proximité de leur abbaye – mais à l’intérieur des remparts –
un bâtiment qui leur servirait de refuge en cas de troubles : c’est le logis de la Voûte. En fait, ils n’y séjournent guère et, à partir de la fin du XVIe siècle, la demeure passe de mains en mains. Le talentueux sculpteur baroque Biardeau, auteur du retable de la chapelle de la Barre à Angers, y réside quelque temps.

de l’évolution de l’architecture du flamboyant à la seconde Renaissance.

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Un édifice des deux Renaissance

L’hôtel, qui présente un panorama de l’évolution de l’architecture depuis le flamboyant jusqu’à l’art de la seconde Renaissance*, est classé monument historique en 1901, puis lentement restauré extérieurement entre 1920 et 1942. 

Le corps de logis de droite montre des moulurations aiguës et des torsades de la fin du XVe siècle, tandis que l’aile centrale – manifestation de la première Renaissance* – renvoie aux constructions de Louis XII à Blois. Les sculptures ont été refaites en grande partie en 1941 par Georges Chesneau, professeur à l’école des Beaux-Arts. À l’intérieur, une exceptionnelle cheminée Renaissance, digne d’un château de la Loire, est richement décorée de médaillons et de rinceaux.
Sur la gauche du corps central, une aile plus modeste est un témoignage de l’architecture civile à pans de bois, alors très commune à Angers. Son revers est tout différent : un grand portail, surmonté d’un chemin de ronde à deux élégantes tourelles, où la seconde Renaissance a laissé des bossages. Là se trouvait l’entrée des Pénitentes, sur la rue Malmorte, entrée remise en honneur lors de la restauration totale de l’hôtel, inaugurée le 13 mars 1992. ( https://bit.ly/2IJnl5H )

Filles pénitentes …
Au plus fort de la Contre-Réforme, des Angevins, membres de la confrérie du Saint-Sacrement, dont le prêtre Claude Ménard, ont l’idée d’établir une communauté de dames pénitentes pour recevoir les femmes et les filles de mauvaise vie enfermées sur ordre de police (« le refuge »), mais aussi les repenties volontaires qui ne souhaitent pas retourner dans le monde. La fondation, officiellement établie par lettres patentes royales en 1642, est installée en 1649 au logis de la Voûte. L’évêque d’Angers Henri Arnauld rédige pour elles une règle de vie placée sous le patronage de sainte Madeleine. L’humilité et la mortification en sont le pivot, traduites par la grossièreté de l’habit : robe de serge grise faite à sac sans pli, manches closes, voile d’étamine en forme de cape, ceinture de laine et guimpe blanche pour masquer le cou. Lors de sa visite à Angers, saint Vincent de Paul loge chez Guy Lanier, premier directeur de la communauté.

Et maison correctionnelle …
Plusieurs ensembles d’habitation sont acquis autour du logis de la Voûte en 1650-1655 et 1697. On construit vers 1675-1681 un bâtiment destiné au « refuge » : la communauté s’est en effet doublée d’une maison correctionnelle où sont détenues, par mesure sanitaire, les filles prostituées.

Une annexe de l’école des Beaux-Arts …
 À la Révolution, les pénitentes se dispersent mais « le refuge » reste ouvert pour servir à l’incarcération des filles publiques. La double vocation de l’établissement reprend au début du XIXe siècle : prison de femmes et hospice pour femmes indigentes âgées, atteintes d’idiotie ou de maladies vénériennes. La prison est évacuée en 1857, les malades transférées dans le nouvel  hospice Sainte-Marie en 1864. Depuis 1856, la ville est propriétaire de l’ensemble des bâtiments. Elle transforme le quartier par le percement du boulevard Descazeaux en 1864 qui emporte dans son tracé toute la partie nord des Pénitentes (« refuge », dépendances et chapelle), laissant intact l’ancien logis de la Voûte. Qu’en faire ? Un presbytère pour la paroisse de la Trinité ? Un bureau de poste ? Une bibliothèque populaire ? On y installe finalement les cours de dessin (1883) et la justice de paix de la Doutre, puis un musée d’architecture (1922), le siège de la Société des architectes de l’Anjou (1928), l’annexe d’une école primaire et les cours de premier cycle de l’école des Beaux- Arts. Cette dernière occupation dure jusqu’en 1982.

Après des années de restauration, la ville en a fait un lieu d’exposition réputé …

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10 commentaires sur « 50 artistes aux “Pénitentes“ ~ 3/3 »

  • Superbe cet hôtel des pénitentes , un édifice qui témoigne d’une prise en charge toute particulière de ces jeunes femmes . Un beau lieu d’exposition maintenant , c’est bien mieux .

    Bonne soirée

    Bises

  • C’est un très beau bâtiment chargé d’histoires..ah si les murs pouvaient parler, que de « douleurs » ils raconteraient sans doute!

    Bises du jour

    Mireille du sablon

  • Merci pour cette visite et ces explications, parmi lesquelles un truc m’a tout de suite interpellé: « maison pour filles repenties »… les pauvres filles en question se repentaient certainement d’avoir eu envie de vivre…

    Bonne journée

  • Merci pour cette belle visite et aussi les explications très intéressantes.

    Bon début de semaine qui s’annonce printanière.
    Mais surtout, prudence pour les sorties, trop de gens n’ont pas pris conscience de la gravité du virus qui évolue de façon alarmante.
    On va se retrouver avec le confinement obligatoire pour tout le monde !
    Gros bisoux,
    cher claude.

     

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