Les mines de fer à Nyoiseau 49

À Nyoiseau. « On fait revivre un siècle d’histoire »

Les mines de fer ont repris des couleurs. ​En 2013, Marc B. se lançait dans un pari fou : faire revivre, après plus de trente-cinq ans d’abandon, le site des mines de fer de Bois II/III, à Nyoiseau.

Bois III : chevalement, bâtiment extraction, recette et traitement minerai

tambour bicylindroconique … + au 1er plan : moteur cuivre pillé

3 compresseurs d’air 

Le bassin ferrifère du Haut-Anjou est situé dans le département du Maine-et-Loire, autour de la commune de Segré au nord-ouest d’Angers. L’extraction du fer y remonte à l’époque médiévale, voire à l’Antiquité. En effet, des traces d’extraction ont été retrouvées sous la forme de ‘ferrières’ ou de ‘fosses’. Il s’agit de petites carrières à ciel ouvert, d’une profondeur entre deux et quatre mètres. Le minerai exploité dans le Haut-Anjou est de la magnétite, c’est à dire un oxyde magnétique de fer, très chargé en métal (65 à 75% de la masse). 

Ce minerai, beaucoup plus riche en fer que la minette de Lorraine (25%), contient par contre une quantité importante de phosphore et de silice, ce qui rend son utilisation en haut-fourneau plus difficile.

Carreau de Bois I/II/III à Nyoiseau : vues extérieures

La concession du Bois, située à cheval sur les communes de Noyant-la-Gravoyère et Nyoiseau, est instituée par le décret du 21 octobre 1874. Le secteur est reconnu en profondeur à partir des années 1880 mais ne voit les travaux d’exploitation débuter véritablement qu’au début du 20e siècle. A l’origine, ce fut également un travers-banc creusé à flanc de coteau, au bord du ruisseau Misengrain. Cette galerie, utilisée pour la recherche du minerai, servit également en partie pour l’extraction, jusque vers 1911, année où fut foncé un puits ayant prit la dénomination de Bois I.
Deux autres puits furent foncés sur la concession du Bois. Le premier est appelé Bois II, foncé en 1916 à une profondeur de -200 mètres et équipé d’un chevalement métallique. De ce premier chevalement, il ne reste que le faux-carré datant de 1916 ; en effet, en 1963 il fut modernisé par la construction d’une tour en béton, reposant sur quatre pieds, et supportant le système d’extraction (poulie ‘Koepe’). A cette occasion, le puits fut approfondi à – 520 mètres. A côté de la tour d’extraction il ne subsiste que peu de vestiges, comme quelques bâtiments et l’unité de fabrication des boulettes de bentonite ferrugineuse.
Enfin, le troisième puits est situé juste en face du Bois II et porte le nom de Bois III. Ce puits fut foncé en 1935 à une profondeur de – 400 mètres et équipé d’un chevalement métallique, érigé par la Société des Mines de Fer de Segré. Une grande partie des équipements de surface, datant de 1935, est encore en place aujourd’hui (chevalement, bâtiment de la machine d’extraction, recette et traitement du minerai … non visitable en l’état). Les infrastructures de Bois III étaient identiques à celles d’origine de Bois II.

Carreau de Bois III à Nyoiseau : salle des machines
Bien que fortement dégradée par les voleurs de métaux (cuivre des moteurs) et les pigeons, la salle des machines du puits de Bois III reste assez superbe. On y peut y voir deux compresseurs Ingersoll-Rand, un compresseur Atlas-Copco, et surtout la machine d’extraction à tambour bicylindroconique* et le poste de conduite du machiniste. Les convertisseurs électriques ont été totalement vandalisés, mais les armoires électriques, intactes, sont très esthétiques.

(*) Machine a tambour bicylindroconique. L’enroulement du câble ce fait tout d’abord sur la partie extérieur du tambour, ce qui permet de disposer d’une plus grande puissance à l’arrachement. Puis le câble accélère sur la partie conique du tambour et atteint sa vitesse maximale sur sa partie centrale.

En savoir + ; http://www.patrimoine-minier.fr/haut-anjou/index.html

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11 commentaires sur « Les mines de fer à Nyoiseau 49 »

  • J’ai eu la plaisir de découvrir tes derniers articles, c’est superbe et comme d’habitude très intéressant. Je suis de retour de mon séjour à Lille! Bonne soirée . Cordiales amitiés & à +
  • merci pour cette découverte pour moi

    nous avons des richesses sous nos pieds , le vent et le soleil et ne savons par les exploiter, comme si ailleurs c’était mieux… ça fait enfant gâté

    bonne journée

  • très intéressant, je ne savais pas qu’il y avait des mines de fer en Anjou… bonne idée de sauver ces sites, ça fait parti de la vie de la région, merci pour la découverte. bisous. cathy
  • Bonjour

    C’est pas très beau ni accueillant mais ça nous rappelle combien ce travail devait être difficile !

    ah oui les voleurs de métaux ont dû se servir !!!

    Merci pour les explications

    Bonne soirée, bises

  • Il était difficile le travail dans ces mines, c’est bien d’en garder les traces.

    J’entendais ce matin qu’avec l’érosion, d’ici à quelques années, il ne resterait plus de trace des vestiges de la guerre sur les plages de Normandie.

    Bon dimanche.

  • coucou, notre patrimoine fou’lcamps ! dommage, on va y revenir ????

    merci pour ce beau reportage, j’espère que tu vas bien et ta famille aussi, Bonne fin de journée, MIAOU !!!

  • C’est un document très intéressant que tu nous proposes là.

    Nos usines se sont fermées mais heureusement,notre patrimoine demeure.

    Bises du jour

    Mireille du sablon

  • Intéressant de voir comment cette mine et tout ces bâtiments, tout ce matériel métallique, pratiquement indémontable, alors autant en profiter pour montrer le lieu de vie de beaucoup de travailleurs courageux.
    Ce devait dangereux, bruyant, fatigant ! comme beaucoup de métiers dans les usines et autres d’avant.
    Je m’instruis avec toi et je me rapproche de ma fille Caroline qui habite à présent en Vendée.
    Bon dimanche
    Bises
  • Les installations industrielles ne sont pas ce qu’on trouve de plus esthétique, mais elles font partie de notre patrimoine et nous permettent d’en voir l’évolution.

    Merci pour cette petite leçon d’histoire très intéressante !

    Bon dimanche à toi

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