Focus sur des défauts emblématiques en Anjou
Le goût de bouchon (TCA)
Les vins d’Anjou, à l’instar de tous les vins bouchés au liège, ne sont pas épargnés par le fameux trichloroanisole (TCA).
Selon une étude de l’Institut Français de la Vigne et du Vin, 2 à 5 % des bouteilles seraient affectées, avec des pics jusque 10 % sur certaines années ou cuvées (source : IFV). Impossible à prévoir à la dégustation : le TCA « cloue » le nez et le palais. Un vin bouchonné n’est ni toxique, ni dangereux, mais il est irrémédiablement altéré, et le seul remède est… d’ouvrir une autre bouteille.
L’oxydation
La Loire, et l’Anjou en particulier, valorise des blancs vifs à la fraîcheur cristalline (notamment en chenin). L’oxydation est donc immédiatement suspecte quand la robe jaunit prématurément ou que l’aromatique s’aplatit.
La responsabilité : soit l’exposition à l’air lors de la vinification ou en cave, soit un défaut de bouchon. Certains vins « oxydatifs » sont choisis ainsi (ex : certains chenin demi-secs ou liquoreux vieillis), mais la dominante doit rester harmonieuse, jamais suspecte ou déséquilibrée (source : Vignerons Indépendants de France).
Les phénomènes de réduction
L’essor des vinifications modernes, avec des extractions douces et une faible utilisation de soufre, a fait revenir la réduction sur le devant de la scène. Elle confère parfois une note d’allumette, de caoutchouc, ou même d’œuf. Bien aérer le vin suffit parfois à effacer le défaut, mais une réduction tenace traduit souvent un souci de vinification ou un élevage mal conduit (source : Revue du Vin de France).
Les bretts : animal ou sauvage ?
Les « bretts » (Brettanomyces bruxellensis), levures indésirables, peuvent transformer un grand cabernet ou un grolleau en museau de cheval ou en écurie. Lorsqu’elles s’installent, ces notes animales ou d’épices fortes écrasent le fruit et signent une hygiène défaillante ou un élevage trop long en fût.
Certains dégustateurs avertis apprécient une pointe de brett, mais, en Anjou, l’équilibre subtil du fruit ne tolère guère cette domination (source : OIV – Organisation Internationale de la Vigne et du Vin).