Petits secrets et astuces du métier
Quand le vin local inspire l’ajustement de température
Le cabernet-franc d’Anjou, plus délicat et frais que son cousin bordelais, gagne à être servi plus frais, aux alentours de 15-16°C. En revanche, les coteaux du Layon très riches en sucre supportent (et subliment) d’être dégustés bien frais, vers 8-9°C, pour équilibrer le sucre et la vivacité.
Les vins blancs de chenin, vins phares de l’Anjou, peuvent évoluer avec la température du verre : servis à 10°C, ils révèlent leur fraîcheur, mais leur complexité aromatique se dévoile une fois remontés légèrement. Les sommeliers des meilleures tables n’hésitent donc pas à conseiller de laisser le vin réchauffer doucement dans le verre.
Lors de salons professionnels comme Le Salon des Vins de Loire à Angers, nombre de vignerons arrivent avec leurs glacières et thermopacks pour éviter que leurs échantillons ne “virent” sous l’effet du chauffage des salles, preuve que le sujet reste brûlant, même pour les experts Locaux (Le Parisien, 2018).
La pédagogie au quotidien
Face à la demande croissante des néophytes, les professionnels anjouins intègrent souvent la dimension “température” dès la description à la table ou lors des ateliers dégustation :
- Pour les rosés, la tentation est grande de les servir trop froids, ce qui fera ressortir l’acidité : la recommandation se situe entre 8 et 10°C.
- Pour les rouges de macération carbonique “à la gamay”, l’accent est mis sur la fraîcheur (14-15°C), afin de préserver le fruit.
- Les moelleux sont systématiquement servis bien rafraîchis, pour souligner leur vivacité, mais jamais glacés.