Les effets concrets d’une mauvaise température de service : exemples anjouvins
Sur les vins blancs secs
Un Savennières ou un Anjou blanc à moins de 8°C paraît acide, anguleux, presque citrique, ses notes d’aubépine, de poire ou de cire d’abeille étant écrasées par la fraîcheur. À l’inverse, servi trop chaud (au-delà de 14°C), il développe un gras inhabituel, les amers ressortent et l’alcool se fait sentir, brouillant la finesse recherchée par le Chenin sur schistes.
Sur les vins rouges
Un Anjou-Villages bien charpenté, servi à 20°C, accentue violemment ses 13 ou 14° d’alcool, écrasant le fruit et laissant une sensation chauffante, presque brûlante. À l’opposé, un Grolleau ou un Gamay servi à 10°C sera fermé, ses tanins râpeux alors qu’il est pourtant réputé pour sa gourmandise légère, faisant fuir même les amateurs.
Sur les liquoreux
Un Coteaux du Layon servi glacé (5°C) fige le sucre : le vin paraît lourdaud, compact, privé de son bouquet de coing, mangue, tilleul et truffe. Trop chaud (au-delà de 12°C), il perd sa tension acide essentielle à la buvabilité ; la sucrosité devient écœurante.
Sur les rosés
Un Cabernet d’Anjou à température ambiante (20°C en été !) devient sirupeux, tandis que trop froid (sorti du congélateur), il n’exprime presque rien, ni fruit ni vivacité.